C’est dans sa pièce entièrement dédiée à son sport que Nicolas Gerassimopoulos, vice-champion d’Europe et multiple champion de France, mais aussi de Grèce, nous accueille pour nous faire découvrir sa discipline. Entre anecdotes historiques, histoire personnelle et démonstrations époustouflantes, nous avons découvert un homme pour qui chaque coup joué raconte aussi une histoire de passion, de discipline, mais aussi de transmission.
Son histoire avec le billard débute en Grèce, dans le secret, lorsque son oncle le fait rentrer en cachette dans un bar. À cette époque, Nicolas préfère jouer au football. Cependant, un grave accident le privera de ce sport… Pour mieux en rencontrer un autre.
Lorsqu’il arrive à Saint-Médard-en-Jalles, en 1986, c’est alors vers le billard qu’il se tourne, au club de la Poudrerie. Il ne quittera plus jamais ce sport par la suite.
Parcours et palmarès
C’est en 2000, avec le club saint-médardais, qu’il décroche son premier titre de champion de France.
Depuis, son palmarès s’est bien étoffé.
En effet, trois titres nationaux individuels, un titre en équipe, un titre de vice-champion d’Europe et quatre médailles de bronze européennes, dont la dernière remportée il y a seulement quelques mois en Turquie, ornent désormais les murs de sa salle d’entraînement.
Pour lui, le tournant de son parcours reste 2013, lors du championnat d’Europe. En effet, même s’il ne l’a pas remporté, il y a cependant vaincu pour la première fois le champion d’Europe ainsi que le champion du monde en titre à l’époque.

Mais avant de consacrer sa vie à ce sport, Nicolas Gerassimopoulos a vécu d’autres aventures. D’abord marin en Grèce puis cuisinier, c’est en accompagnant son épouse à Mayotte, en 2010, qu’il décide de passer les diplômes d’État afin de devenir formateur de billard et de se consacrer pleinement à sa passion.
Ainsi, il est aujourd’hui non seulement joueur, mais aussi formateur professionnel, notamment au sein de la ligue de billard de Nouvelle-Aquitaine.
Quand le billard devient une philosophie de vie.
Nicolas ne se contente pas de pratiquer le billard. En tant que joueur de haut niveau : il vit, mange et dort billard. Ainsi, si au premier abord ce sport semble requérir moins d’entraînement que des disciplines comme le football ou la gymnastique, c’est pourtant tout le contraire.
Chez Nicolas Gerassimopoulos, le billard ne s’arrête pas à la performance sportive. Pour lui, cette discipline est également une manière de mieux se connaître. « Comme l’a dit Socrate : connais-toi toi-même. Moi, c’est le billard qui m’aide à me connaître ». Une citation d’un grec comme lui qu’il répète souvent et qui résume sa philosophie de vie. Selon lui, le billard agit comme un miroir révélant les émotions, les défauts, les qualités et oblige à travailler sur soi.

Cette recherche d’équilibre passe par une hygiène de vie rigoureuse. Gainage quotidien, préparation physique, alimentation équilibrée, sommeil, exercices de respiration et méditation font partie intégrante de son quotidien.
Sous son billard, plusieurs équipements de sport rappellent que la performance ne se construit pas uniquement autour de la table. Pour progresser, il insiste aussi sur l’importance de la concentration : certaines phases de jeu peuvent durer plusieurs heures entre deux passages à la table.
Le billard permet de se maîtriser dans la vie.
Une école de vie
Le Saint-Médardais retient surtout ce que le billard lui a appris : la patience, la maîtrise de soi, le goût de l’effort et la capacité à avancer sans jamais rien considérer comme acquis. Une philosophie que ce passionné continue de transmettre, coup après coup, aux nouvelles générations.
Au fil de la discussion, Nicolas partage aussi quelques anecdotes étonnantes sur l’histoire du billard, qu’on impute souvent à une histoire d’homme alors qu’il était avant tout un loisir pour les femmes à ses débuts.
Né entre le XVIᵉ et le XVIIᵉ siècle dans les cours royales françaises, le billard était d’abord pratiqué au sol par les aristocrates, notamment les femmes, pendant que leurs maris partaient à la guerre ou à la chasse. Le jeu évolue ensuite sur table avant de se décliner en plusieurs formes, notamment en billard français et américain.
La discipline se démocratise véritablement au début du XXᵉ siècle avec la création, en 1904, de la Fédération française de billard. Aujourd’hui, près d’1,5 million de Français pratiqueraient ce sport.
Parmi ces anecdotes, il cite celles d’Albert Einstein, amateur de billard réputé… mauvais joueur selon certains. Vérité ou légende urbaine ? Mais si leur talent en billard semble diverger, la pensée des deux hommes sur ce sport converge.
Le billard constitue l’Art supérieur de l’anticipation. Il ne s’agit pas d’un jeu, mais d’un sport artistique complet qui nécessite une bonne condition physique, le raisonnement logique du joueur d’échecs et le toucher du pianiste de concert.
Albert Einstein