Histoire

Les plus anciennes traces d’habitat à Saint-Médard-en-Jalles remontent aux vestiges des camps romains, affirmant ainsi la vocation militaire de la commune. Très longtemps, elle comprendra en effet d’importants camps et industries militaires. Par ailleurs, les nombreux ruisseaux qui serpentent entre les champs, appelés jalles, ont donné leur nom à la ville et permis l’implantation précoce de moulins. Elle fut le siège de plusieurs seigneuries :

• la seigneurie du Tiran-Tilh ;
• la seigneurie éponyme de Jalès, dite aussi dans les textes anciens de Jalez ou d'Astignan ;
• la seigneurie de Belfort ;
• la seigneurie de la Mothe-Gajac ;
• la seigneurie de Corbiac ;
• la seigneurie de Magudas.

En 1295 la charte philippine accorda aux jurats de Bordeaux le droit de haute, moyenne et basse justice jusqu'à la Jalle. Néanmoins, c'est le seigneur de Veyrines qui l'exercera sur le sud de la commune jusqu'au 7 octobre 1526 où le prévôt d'Eysines sera désigné par le maire et les jurats de Bordeaux pour assurer cette fonction. Au nord de la Jalle, il y avait deux juridictions, celle de Saint-Médard et celle de Belfort.

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En 1660, le sieur Jéhan Dupérier achète un terrain à Henri de Montaigne sur lequel il construit six moulins à poudre situés entre les moulins à grains de Gajac et de Caupian. Jehan Dupérier trouva vite la mort dans une des nombreuses explosions qui émailla le début de cette activité, hasardeuse à cette époque. Une ordonnance du 26 mai 1666 autorise le fermier général Berthelot, commissaire général des poudres, à racheter à Marie Reculé, la veuve de Jéhan Dupérier, le site et les moulins endommagés. L'affaire sera conclue le 7 février 1671. La « Poudrerie Royale », puis Nationale, est née. Elle devient très vite un établissement de première importance dans la production de poudre pour les armées.

L’essor de cette activité entraîne l’installation, sur la commune et autour de l’usine, d’une main d’œuvre nombreuse, formant les 8 quartiers de Saint-Médard [lien vers la page Quartiers] : le Bourg, Gajac, Corbiac, Magudas, Caupian, Hastignan, Issac et Cérillan. Simultanément, à l’ouest de la ville, un vaste camp militaire se développe.

Le 14 décembre 1789 marque la naissance officielle de la commune de Saint-Médard-en-Jalles (effective au 1er mars 1790). Au cours de la période de la Convention nationale (1792-1795) et du fait de l’importance de l’industrie de la Poudre, la commune a adopté le nom révolutionnaire de Fulminante-sur-Jalles. Il n'a pas survécu à la Terreur.

Le 7 août 1845, le Duc d'Aumale prit le commandement de 25 000 hommes stationnés sur la commune : la cavalerie sur la Lumagne, depuis connue sous le nom de « camp des lanciers », l'infanterie sur la rive gauche de la Jalle de Caupian à l'actuelle poudrerie. Il résida avec son frère le Duc de Nemours au château de Belfort. Le dispositif sera levé le 10 septembre 1845 mais le camp de Caupian perdurera jusqu'au XXe siècle.

De nombreuses Saint-Médardaises vivaient de l'activité de lavandière à Gajac ou Magudas principalement au service de grands hôtels ou de particuliers bordelais. L'activité aura été florissante jusque dans les années 1920 ; la dernière lavandière est recensée en 1965.

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L'activité poudrière prendra un grand essor avec la mise en production vers 1886 de la poudre B sans fumée. La commune se développe avec l’installation d’une main d’œuvre nombreuse autour de l’usine. Après la défaite de 1940, le camp de Souge devient, avec plus de 300 morts, le deuxième lieu d’exécution nazi en France après le Mont Valérien. La nuit du 29 au 30 avril 1944, la commune est ébranlée par le bombardement allié sur la poudrerie.

Dès 1961, se crée autour de la poudrerie un pole spécialisé dans la propulsion solide avec des centres d'essais et des sociétés d'aéronautique qui formeront le CAEPE (DGA Essais de missiles) le 1er janvier 1967, puis la SNIAS (Airbus) le 1er janvier 1970. Le 8 mars 1971, la Poudrerie devient la SNPE. Le Groupe SNPE regroupe sur le site les sociétés Roxel et SNPE matériaux énergétiques (SME) spécialisées dans le domaine des systèmes de propulsion à poudre pour les secteurs civils et militaires et dans la sécurité automobile (air bag). En 2012, la SME fusionne avec l'ancienne SEP du Haillan pour former la société Herakles.

Envisagé depuis longtemps, le regroupement des activités complémentaires que sont la propulsion et les lanceurs devient effectif le 1er juillet 2016 dans le cadre de la coentreprise Airbus Safran Launchers, renommée ArianeGroup un an après. D’une manière générale, cet héritage industriel permet aujourd’hui à Saint-Médard-en-Jalles de s’afficher comme une ville de pointe en matière de haute technologie, notamment dans les secteurs aéronautique et spatial.

L'origine du nom 

Le nom de la commune est attesté, dès 1099 sous la forme Saint-Médard de Jalès : Sanctus Medardus de Jales (forme romane) ou in Jalesio (forme relatinisée).

Le nom de la commune tirerait son origine de deux éléments :
• les ruisseaux ou cours d'eau qui sillonnent l'actuel territoire communal et que l'on appelait jalles ;
• Saint Médard qui est le vocable de l'église paroissiale depuis le haut Moyen-Âge.

Cette église se trouvait sur le territoire d'un seigneur, la famille De Grailly, propriétaire d'un vaste territoire allant du quartier d'Hastigan au centre-bourg actuel. 
Cette seigneurie est dite dans les textes anciens de Jalez ou d'Hastignan.

L'association du nom de jalles et du vocable de la paroisse dédié à Saint Médard aurait donné le nom attesté par les cartes des géographes du XVIIIe siècle de Saint-Médard-en-Jalles.

L'écusson de la villenull

Sur l’écusson de la ville apparaissent :
• les coquilles Saint-Jacques symbolisant le passage des pèlerins ;
• la salamandre prise comme symbole par la Poudrerie qui a donné ses couleurs aux différents clubs sportifs, elle est un animal du feu représentant la vitalité ;
• les anneaux Olympiques montrent l'importance du sport dans la commune ;
• le léopard d’Aquitaine.

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