Des bains-douches municipaux des années 1930 au centre communal de santé Cynthia Fleury, le bâtiment Pierre Mendès France, lieu emblématique du cœur de ville n’a cessé d’évoluer pour répondre aux besoins des habitants. Retour sur près de 90 ans d’histoire au service du bien-être des Saint-Médardaises et des Saint-Médardais.
Construits dans l’élan modernisateur des années 1930, les bains-douches répondaient à un besoin essentiel d’hygiène publique, à une époque où peu de logements disposaient d’une salle de bain. Ils sont ensuite devenus un centre médico-social, puis un pôle de services publics et de santé. Aujourd’hui encore, ils occupent une place importante dans l’histoire du cœur de ville.
Les bains-douches, héritiers du mouvement hygiéniste
Au début des années 1930, la municipalité d’Antonin Larroque lance un vaste programme de modernisation. Dans une France marquée par la crise économique de 1929, les collectivités investissent dans les équipements publics afin de soutenir l’emploi et d’améliorer le cadre de vie.
À Saint-Médard-en-Jalles, le conseil municipal approuve le principe de la construction des bains-douches le 27 août 1933.
Il l’intègre à une ambitieuse requalification du site de l’hôtel-de-ville, avec la rénovation complète de la mairie et la transformation de l’ancien bureau de poste. La municipalité confie l’ensemble à l’architecte bordelais Albert Dumons.
Le 17 mai 1936, jour de l’inauguration de l’hôtel-de-ville, les élus posent la première pierre des bains-douches. Les travaux se poursuivent l’année suivante.

Implanté derrière la mairie, le bâtiment adopte un style Art déco sobre, caractérisé par une toiture-terrasse, une entrée monumentale encadrée de pilastres en briques et une composition symétrique des façades.
Au XIXᵉ siècle, le mouvement hygiéniste favorise le développement des bains publics afin d’améliorer les conditions sanitaires et de lutter contre les épidémies, notamment le choléra.
L’invention de la douche par le docteur Merry Delabost en 1872 accélère la création de nombreux établissements, d’abord à destination des ouvriers et des enfants, puis plus largement du grand public.
Après un fort essor jusque dans les années 1930, les bains-douches déclinent progressivement avec la généralisation des salles de bain dans les logements. Si beaucoup ont été démolis ou reconvertis, certains établissements, notamment à Paris, sont toujours en activité.
Source : Diagonal, n° 209, août 2020.
Un service essentiel au quotidien
Les bains-douches sont inaugurés le 26 juin 1938. À cette époque, la majorité des habitations ne dispose pas encore d’équipements sanitaires modernes. Les habitants fréquentent rapidement l’établissement, en particulier le samedi.
Les bains-douches permettent à chacun de prendre une douche ou un bain à tarif modique : 2 francs pour une douche enfant, 3 francs pour une douche adulte et 5 francs pour un bain simple.
Les époux Fabouet assurent pendant de nombreuses années le fonctionnement quotidien de l’établissement. À partir de 1957, les époux Coustès leur succèdent.
Au-delà de leur fonction pratique, les bains-douches illustrent les progrès de l’hygiène publique et l’action sociale municipale. Ils participent à l’amélioration des conditions de vie dans une commune en pleine croissance démographique, où l’accès à l’eau courante et aux installations sanitaires reste encore inégalement réparti.
Vers une vocation médico-sociale
En 1956, la Ville agrandit les bains-douches et y installe un centre médico-social. Cette évolution accompagne les transformations de la société française d’après-guerre. En effet, peu à peu, les logements s’équipent de salles de bain et la fréquentation de l’établissement diminue.
Au fil des années, la vocation sanitaire collective laisse place à des missions sociales et médico-administratives. Dans les années 1970, les habitants connaissent principalement le bâtiment comme centre médico-social. Malgré plusieurs extensions, les locaux deviennent inadaptés aux besoins croissants des services et des associations.
En 1985, la municipalité décide de démolir l’ancien édifice pour y construire le bâtiment Pierre Mendès France.
Pendant les travaux, les ouvriers découvrent une bouteille dissimulée dans la maçonnerie du porche. Elle renferme un parchemin portant les signatures du maire, des conseillers municipaux et de l’architecte Albert Dumons.
Ce document avait été déposé lors de la pose de la première pierre, près de cinquante ans plus tôt.
Le centre Pierre Mendès France, nouveau lieu de services publics
La première pierre est posée à la fin de l’année 1985 en présence de la famille de l’ancien président du conseil et du Premier Ministre Laurent Fabius.
Le bâtiment ouvre ses portes en 1986. Il accueille des services médico-sociaux, des espaces associatifs, une grande salle polyvalente, la première mini-crèche collective et la première halte-garderie de la commune.
Puis, entre 2018 et 2022, la Ville reconstruit entièrement le centre. Le nouveau bâtiment accueille une salle polyvalente, des locaux associatifs, des services municipaux et des logements sur les trois étages supérieurs.
Depuis 2022, la municipalité a renforcé sa vocation sanitaire avec l’installation du centre communal de santé Cynthia Fleury et le développement d’une offre médicale de proximité.



Près de neuf décennies après l’ouverture des bains-douches, le site continue de répondre à une même ambition : offrir des services essentiels au bien-être de ses habitantes et habitants.
Un pôle santé tourné vers l’avenir
Et l’histoire du site se poursuit. En effet, le bâtiment Le Central, voisin du centre Pierre Mendès France, fait actuellement l’objet d’une importante rénovation. À partir de l’automne 2026, il accueillera notamment un cabinet dentaire associatif : le Centre dentaire des Jalles.
Ces équipements formeront un véritable pôle santé de proximité en cœur de ville, fidèle à la vocation historique du lieu où le « prendre soin« est au cœur du service public : garantir à toutes et tous un accès simple, rapide et accessible à des soins de qualité.
