Les bois et forêts, on fait de Saint-Médard-en-Jalles un terrain de chasse pour les nobles bordelais et un territoire viticole renommé, permettant l’essor de châteaux et maisons bourgeoises encore visibles aujourd’hui.
Le château La Fon
Le premier propriétaire connu du château Lafon est Ramon de La Fon, huissier au Parlement de Bordeaux en 1561. La date de construction du château se situe quant à elle vers 1775. Restauré dans les années 1950, le château est devenue la propriété d’ArianeGroup.

Parmi ses illustres propriétaires, on retrouve Jean-Baptiste Courau, syndic des assureurs de Bordeaux et conseiller municipal de Saint-Médard-en-Jalles dans les années 1820. Il est à l’origine du « Pont Rouge », qui permet de franchir la Jalle à un peu plus de 500 mètres du château.
En 1840, le domaine passe entre les mains du marquis Louis Gabriel de Castelnau d’Auros, avant d’être cédé dix ans plus tard à Louis Jardel Larroque, qui entreprend sa restauration. En 1862, Bernard Alexandre Eyquem le rachète et fait de « Lafon-Marguerite » l’un des plus beaux châteaux du canton.
En 1886, il est cédé à l’État. Transformé en résidence pour le directeur de la poudrerie nationale, le château est fortement endommagé lors du bombardement du site par la Royal Air Force dans la nuit du 29 au 30 avril 1944, alors qu’il était occupé par les troupes allemandes. Jugé inhabitable, il est ensuite laissé à l’abandon.
Le château de la Mothe-Gajac
Le château de la Mothe-Gajac, aussi appelé château de Gajac, est un ancien château-fort, rare vestige médiéval encore visible dans la région bordelaise. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis le 26 avril 2013. Le château aurait été érigé sur une ancienne motte castrale.
Sa première mention date de 1289, lorsque Édouard Iᵉʳ confie le château de Blanquefort au prêtre Arnaud de Lacaze. L’édifice actuel a cependant été reconstruit après la guerre de Cent Ans.

Il a appartenu à plusieurs nobles, notamment à la famille Rostanh/Roustaïng ainsi qu’à Pierre Eyquem de Montaigne.
En 1786, Mme de Basterot rachète les domaines de Gajac, Corbiac et Saint-Médard.
Sous la Révolution française, le 11 janvier 1793, Mme de Basterot et son gendre, M. de Ségur, se voient confisquer leurs biens, et le château est vendu comme bien national.
Aujourd’hui devenue propriété privée, la bâtisse a été restaurée tout en essayant de conserver son aspect d’antan. Les propriétaires ouvrent parfois leur porte au public lors des Journées Européennes du Patrimoine.
Le saviez-vous ?
Un blockhaus datant de 1943 subsiste encore devant le château, vestige de la Seconde Guerre mondiale.
Le château de Belfort
Situé à Issac, le château de Belfort fut, au XVIe siècle, le fief d’Arnaud de Ferron. Il passe au XVIIe siècle dans les mains de la famille de Ségur, puis sous Louis XVI à celles du comte de Ségur de Cabanac, lieutenant général des armées du Roi. Lieu stratégique, le château accueille d’importantes manœuvres militaires à l’été 1845.
Aujourd’hui propriété de la Ville, le château de Belfort abrite un centre équestre girondin. Il a conservé l’aspect qu’il avait vers 1850 et les anciens chais ont été transformés en écuries.
Le vignoble du domaine, particulièrement réputé, produisait entre quarante et cinquante tonneaux de vin rouge.
Il était considéré comme le premier cru de la commune tant en qualité qu’en quantité.
Le successeur de M. de Courcy vendit cette vaste propriété qui fut alors morcelée.
Le château est par la suite acquis par M. Cellerier, négociant à Bordeaux, qui le restaure avec soin. Le pavillon central est surélevé et coiffé d’un toit en ardoise surmonté d’un lanterneau. Les dépendances basses sont réaménagées et décorées avec raffinement. Une prairie semi-circulaire, bordée d’une garenne ornée d’allées, s’étend devant la façade ouest.
Le saviez-vous ?
Le 15 septembre, À l’occasion d’une réception fastueuse donnée par le duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe, la demeure est métamorphosée en véritable palais féerique par l’architecte Burguet.
Dans les salons richement décorés, une société nombreuse et élégamment vêtue se presse pour participer à cette soirée mondaine d’exception, témoignage de l’âge d’or du domaine.
Le château de Monplaisir
À l’écart du hameau de Gajac, nichée dans le complexe sportif Robert Monseau, se trouve une maison bourgeoise emblématique du milieu du XIXᵉ siècle, connue sous le nom de domaine de Monplaisir.

Autrefois domaine viticole classé parmi les crus bourgeois, Monplaisir produisait en 1908 jusqu’à huit tonneaux de vin rouge.
Aujourd’hui propriété communale, la demeure a été restaurée et accueille des événements tout en conservant le charme de son architecture d’origine.
Le bâtiment principal, de plan rectangulaire, se distingue par son toit en croupe couvert de tuiles creuses. Il comprend un rez-de-chaussée ouvert sur trois portes-fenêtres sur la façade principale et trois fenêtres latérales. L’ensemble est construit en pierre de taille, orné de pilastres à bossages d’angle, témoignant du soin apporté à son édification.
Le saviez-vous ?
Jean-Baptiste William Chaumet célèbre compositeur français (1842–1903), y a résidé, contribuant à la renommée culturelle du lieu.
La chartreuse du Bourdieu
Inscrite aux Monuments Historiques depuis le 6 février 1981, la chartreuse du Bourdieu fut érigée en 1788 par J. Delmestre, dans un domaine viticole ayant appartenu à son aïeul, courtier royal en 1737.
Le domaine, emblématique du phénomène des campagnes – ces résidences de villégiature construites par les élites urbaines – a été embelli avec soin. On y trouve encore un escalier en fer forgé ainsi que les fourneaux d’origine dans l’ancienne cuisine.
Autour du logis s’étendaient jardins, cours, puits, pelouses, allées et garennes. Certains de ces éléments structurants du paysage sont encore visibles aujourd’hui.
La production viticole du Bourdieu, florissante aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, a marqué l’histoire locale avant de s’éteindre avec la dernière vendange en 2004.
En 2024, Bordeaux Métropole rachète le site et son parc arboré de quatre hectares pour le compte de la Ville.
Grâce à ce partenariat, le parc du Bourdieu est désormais ouvert au public, offrant un nouveau lieu de promenade et de respiration en cœur de ville.
Le saviez-vous ?
Le nom de bourdieu, en gascon, désigne un domaine rural. Souvent tourné vers la polyculture : bois, céréales, vignes.
Le domaine de Feydit
Situé dans le quartier de Corbiac, le domaine de Feydit occupe un vaste espace bordant la route du même nom. Aujourd’hui, seule subsiste une maison restaurée, isolée au milieu d’un parc, qui abrite à présent la maison de quartier de Feydit Confluence.

Cette demeure est le dernier témoin d’un domaine majeur : la propriété de Vieilleville, qui s’étendait au XIXᵉ siècle sur près de 250 hectares. Elle appartenait à Auguste Feydit (conseillé municipal), grand nom de la viticulture locale.
La maison, de plan rectangulaire, s’élève sur deux niveaux avec un soubassement. Les deux façades principales sont dotées d’un escalier à rambarde en fer forgé. De nombreuses ouvertures apportent lumière et élégance à cette construction sobre et raffinée.
Son vignoble, cultivé avec des cépages nobles (carmenère, cabernet-sauvignon, malbec et merlot), produisait quinze tonneaux de vin rouge réputé pour sa finesse, son bouquet et sa puissance.
Le parc du Thil
Tout comme le parc du Bourdieu, le parc du Thil a récemment ouvert ses portes au public. Longtemps propriété privée de la famille Estève, ce site est chargé d’histoire.
La demeure est mentionnée dès 1441, et décrite au XIXᵉ siècle par l’abbé Baurein et l’architecte Léo Drouyn comme « une tour carrée d’une dizaine de mètres de côté, élevée sur plusieurs étages ».
Elle appartenait alors à la seigneurie du Tiran, l’un des plus vastes domaines médiévaux de la région.
Aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, cette seigneurie prospère autour de l’exploitation de la pierre, la fabrication de chaux et l’agriculture, rendue possible par la fertilité des sols et la présence de la Jalle.
L’élevage sur ce domaine restera actif jusqu’aux années 1980 : on se souvient encore des vachers traversant Gajac avec leur troupeau.
Mais le Thil fut aussi un lieu de plaisir et de villégiature. À la fin du XIXᵉ siècle, les notables bordelais venaient y pêcher, festoyer et profiter d’un restaurant réputé, niché dans un écrin de verdure.
La biodiversité sur le site
Le parc est recouvert de forêts de feuillus et surfaces prairiales. Il héberge deux espèces végétales d’intérêt : le millepertuis des montagnes et le sceau de Salomon. D’un point de vue animal, on y trouve des espèces emblématiques comme le martin-pêcheur ou encore le grand Capricorne.
La maison Silhouette
Maison bourgeoise construite en 1819, elle était connue à l’origine comme la maison Eyquem.
Elle appartenait en effet au docteur Jules Eyquem qui l’avait hérité de son aïeul.
Celui-ci, tonnelier de profession, fit fortune à la Martinique. Lorsqu’il revint dans sa ville natale, il y fit construire cette maison bourgeoise typique du 19ᵉ siècle.
En plus de l’habitation, la propriété comportait, une maison de gardien, et à l’arrière des dépendances (écuries, cuvier, chais divers), une roseraie et un parc boisé.
En 1855, une partie du terrain servira à la construction de l’école, du bourg. Puis, en 1971, c’est au tour du collège François Mauriac.
En 1994, la commune achète la propriété à Madame Silhouette, petite fille du docteur Jules Eyquem.
Aujourd’hui la Maison Silhouette est occupée par l’association le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles.
On peut d’ailleurs y découvrir une exposition d’objets d’antan, de carte postale et supports anciens du territoire.