La minute histoire : le Camp des lanciers

Vue aérienne du Camp des Lanciers en 1966
Vue aérienne du Camp des Lanciers en 1966

Sur la rive gauche de la Jalle à Gajac, aux abords de la vaste plaine des Bords de Jalle, apparaît un quartier aux rues rectilignes et angles droits dénommé « Le Camp des lanciers ». Zoom sur l’histoire, de ce quartier atypique

1845-1893 : d’un camp militaire au premier lotissement de la commune

D’abord une vaste lande stérile connue sous le nom de Lumagne de Gajac, c’est le 8 août 1845 que s’installe sur la commune le camp de la Gironde commandé par le duc d’Aumale, 4ᵉ fils du roi Louis Philippe, résidant alors au château de Belfort.

Plan du Camp des lanciers en 1845

Ce camp comprend deux brigades d’infanterie et trois régiments de cavalerie, dont un dénommé 1ᵉʳ lancier, sur les Bords de la Jalle, à Gajac.

En 1870, il est envisagé de loger sur les restes des camps de 1845 un fort contingent d’hommes, dont le régiment de lanciers qui sera cantonné sur le terrain de Candale.

En 1872, les revenus de la commune étant insuffisants pour faire face aux dépenses, la municipalité décide de procéder à la vente de l’ensemble du terrain pour y édifier un lotissement appelé le « Camp des Lanciers », dont le plan est établi par le géomètre Gustave Gaillard.
La délibération du Conseil municipal du 14 mai 1893 indique « 44 terrains, quatre demeurant réservés pour sablières, la majeure partie indûment occupée et servant à l’étendage du linge, mais restant à vendre ».

Ce lotissement aux rues perpendiculaires est ainsi le plus ancien de la commune.
Une grande partie des maisons construites fin du XIXe – début du XXe siècle est encore aujourd’hui occupée par les descendants des familles d’origine, dont la plupart étaient de poudriers, blanchisseuses ou maraîchers.

De 1950 à aujourd’hui : un quartier dynamique à un quartier plus résidentiel

Jusque dans les années 1950, les Bords de Jalle étaient fort appréciés des Bordelais qui, à la belle saison, venaient en famille avec le tramway, pique-niquer sous les érables et profiter de l’eau pure de la Jalle.

Ce quartier resta très dynamique jusque dans les années 1970. De nombreux commerces y sont installés : épiceries, boulangerie, bars, boucherie-charcuterie, salon de coiffure, alimentation générale avec poste d’essence, quincaillerie, produits pour l’agriculture, réparation de cycles et vélomoteurs, garage automobile ou encore café-restaurant des sports, qui accueillait notamment les événements festifs du quartier.

Le café de l’avenue, devenu aujourd’hui un magasin électronique.

Beaucoup d’artisans offrent moult services de proximité : menuisiers, charpentiers, plombiers, carreleur, peintre, plâtrier, vitrier, chauffagiste, couturière, sans oublier les maraîchers et les blanchisseuses. Un docteur exerce également dans le quartier.
Le chemin de Cantelaude – le lieu où chantent les alouettes – conduit au nord du quartier, à l’ancienne ligne de chemin de fer Bordeaux-Lacanau (à ce jour piste cyclable). Les habitants du quartier prenaient le train en semaine pour rejoindre leur lieu de travail et pour se rendre, le dimanche, sur les plages océanes de Lacanau.

Un quartier solidaire

La convivialité et la solidarité sont omniprésentes dans le quartier. Un comité des fêtes et de bienfaisance l‘anime depuis 1928 : bals, attractions, course cycliste, élection de la Reine de la fête et de ses demoiselles d’honneur… Les bénéfices servent notamment à secourir les « miséreux ».
Cependant, la modernisation du quartier est actée par la construction d’un immeuble HLM : la résidence des Colombages.
Le déclin des blanchisseuses libérant les zones d’étendage du linge a entraîné un morcellement des parcelles et la construction de maisons individuelles.

En 1998, la décision de la municipalité d’édifier quatre portes en pierre donne au Camp des lanciers l’allure d’une propriété. Actuellement, des immeubles bordant l’avenue ont modifié cette vision.