Avec près de la moitié de son territoire en zone forestière et la présence de jalles, Saint-Médard-en-Jalles présente des caractéristiques peu communes. Il y a une quarantaine d’années, pour répondre à des problématiques d’accessibilité de ces zones forestières – notamment par les moyens de secours – des exploitants forestiers créaient le comité Forêts et ruisseaux (CFR) : présentation de cette association pas comme les autres.
Qu’est-ce que le Comité des forêts et ruisseaux ?
L’association a été créée il y a plus de 40 ans, avec pour objectif de faciliter l’accès à la forêt, à la fois pour les exploitants forestiers et pour les véhicules de secours en cas d’incendie. Elle regroupe plusieurs collèges : représentants de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI), de l’Association communale de chasse agréée (ACCA) et l’Association pour la sécurité en forêt privée.
Des élus municipaux, des habitants, ainsi que de l’Association du patrimoine sont également impliqués.
« Nous avons aussi régulièrement des invités qui participent à nos réunions, tels que les agents techniques municipaux ou de la Métropole. Nous nous réunissons environ quatre fois par an, dont une fois en assemblée générale. »

Depuis trois ans, un partenariat avec la Ville, le Comité Forêts et Ruisseaux et la Défense des forêts contre les incendies a permis la réalisation de panneaux d’informations sur le risque incendie dans les passes de la forêt. À ce jour, plus d’une trentaine de panneaux sont installés.
Quels sont vos domaines d’intervention ?
« Ils ont évolué au fil des années. Au début, on travaillait surtout à faciliter l’accessibilité des parcelles. Depuis une décennie, nous devons aussi nous adapter au changement climatique, au développement de l’urbanisation en aval de la zone naturelle. Nous lançons ainsi une réflexion sur l’entretien du réseau hydrique de la commune.«
Des forêts privées destinées à la sylviculture
« Il faut savoir que majoritairement, à Saint-Médard, comme en France, c’est une forêt privée. » Ces forêts sont en effet, principalement constituées de pins maritimes, destinés à la sylviculture. Elles ont été plantées dans le but d’assécher la lande humide. Cela permet à la fois de lutter contre le risque inondation, mais aussi contre la prolifération de maladies transportées par les moustiques. « On dénombre quelques zones plantées de chênes, très peu, principalement du chêne blanc. »
Le risque inondation à Saint-Médard-en-Jalles
« Le risque inondation est bien réel pour une partie des habitations. Nos actions visent à le rendre le plus faible possible, tout en permettant l’exploitation des parcelles et la lutte contre les feux de forêts. L’entretien régulier des fossés et berges des cours d’eau nous permet d’appréhender de façon plus efficace les feux de printemps, en facilitant la praticabilité des sols. Pour réaliser nos tournées de surveillance, il faut que nous puissions nous-même circuler : nous intervenons sur une superficie totale de 3 000 hectares !«
Comment définiriez-vous votre collaboration avec la Ville ?
« Je dirais que d’une manière générale, pour les services municipaux, métropolitains ou même de secours et d’incendie, nous sommes leurs yeux, et leur principale force de proposition ».
En effet, l’association intervient quotidiennement sur le terrain pour assurer l’entretien, le recensement et la surveillance des espaces forestiers. Elle définit les priorités d’intervention et la nature des travaux à réaliser, tels que le nettoyage des pistes, la création de ponts ou la pose de buses. Les retours d’expérience issus de ces actions alimentent les rencontres annuelles entre les membres de l’association et contribuent à orienter les décisions des collectivités.
Les décharges sauvages, un fléau pour notre environnement
Depuis le début de l’année, les agents de la Ville ont comptabilisé 41 tonnes de déchets sauvages. Un chiffre qui interpelle et qui surtout à un coût pour la Ville. Ces déchets illégaux polluent, mais surtout peuvent bloquer les voies d’évacuation. Dans les zones forestières, ils favorisent les risques d’incendies.
« Ce phénomène n’est pas isolé en effet. Autant, nous adoptons une démarche de prévention, de sensibilisation quant à la présence de promeneurs ou de sportifs, autant nous avons une tolérance zéro face aux dépôts sauvages. Nous alertons généralement le service de Police municipale qui intervient rapidement avec sa brigade équestre. »