La minute histoire : Le Château La Fon

Compte rendu du conseil municipal du 25 septembre 2024
En 1862, Bernard Alexandre Eyquem l’achète et « fait de Lafon-Marguerite un des plus jolis châteaux du canton », avant de le céder en 1886 à l’État. © Ville de Saint-Médard-en-Jalles

Implanté depuis plusieurs siècles au cœur du territoire, le château La Fon se situe sur le site historique de « La Poudrerie ». Son emplacement, à proximité immédiate des moulins à poudre et du château Le Castera, en font un véritable site patrimonial.

Sa construction, ses démolitions partielles, transformations successives et ses différentes affectations accompagnent l’histoire de la commune. De demeure rurale à propriété notable, il a traversé les époques en conservant une place singulière dans le paysage local.

Aux origines du château La Fon

Le premier propriétaire connu est Ramon de La Fon, huissier au Parlement de Bordeaux en 1561. Un premier château, Le Castera, aurait été édifié dès le XIVᵉ siècle. Adjacents au site, des moulins à poudre fonctionnaient pour la Poudrerie royale, notamment sous le règne de Louis XIV.

Après le décès de Ramon de la Fon, les propriétaires se succédèrent. Par exemple, on retrouve en 1671 la dame Réculé, veuve Dupérier, propriétaire des lieux. Plus qu’un château, il s’agissait alors d’une maison noble.

Ce n’est que 200 ans plus tard, vers 1775, que le château de la poudrerie voit le jour sous le nom de Lafon-Marguerite, à quelques pas du Castera.

Construit autour d’un marécage, le château Castera possédait quatre tours orientées aux quatre points cardinaux. ©Archives municipales.

Propriétaires et transformations du château Lafon

Le château comptera ensuite parmi ses propriétaires Jean-Baptiste Courau, syndic des assureurs de Bordeaux et conseiller municipal de Saint-Médard-en-Jalles dans les années 1820. Il est à l’origine du « Pont Rouge », qui permet de franchir la Jalle à un peu plus de 500 mètres du château.

En 1763, les crues et l’explosion du grenier d’un moulin à poudre fragilisent gravement les deux châteaux. Le Castera tombe en ruine et une large restauration des murs devient nécessaire pour Lafon.

L’un des plus beaux châteaux du canton

Le domaine passe ensuite entre les mains du marquis Louis Gabriel de Castelnau d’Auros (1840), puis de Louis Jardel Larroque, qui entreprend des travaux de rénovation.
En 1862, Bernard Alexandre Eyquem le rachète et fait de  » Lafon-Marguerite l’un des plus beaux châteaux du canton. » À cette époque, le château possédait un vignoble vers Corbiac dont “les vins fins et délicats étaient vendus comme petits-médocs”.

Le château présente quatre tours d’angle : trois rondes et une octogonale, plus large que les autres – un choix esthétique plutôt que défensif. À l’intérieur, le rez-de-chaussée offre de grandes pièces de réception, tandis que les combles sont aménagés à l’étage.

Photographie ancienne en noir et blanc d’un grand château entouré d’arbres. Le bâtiment rectangulaire comporte deux tours rondes aux extrémités, une petite tourelle centrale et un escalier menant à l’entrée principale.
Carte postale du Château Lafon-Marguerite ©Archives municipales.

Bernard Alexandre Eyquem, cédera le château à l’État en 1886 et c’est le ministère des Armées qui deviendra propriétaire des 28 hectares qui forment le site.

Les années 39-45, durant la Seconde Guerre mondiale

Jusqu’en 1939, le château sert de résidence au directeur de la Poudrerie. Mais durant la Seconde Guerre mondiale, il est réquisitionné par les troupes allemandes.
Cependant, après 5 ans d’occupation, dans la nuit du 29 au 30 avril 1944, le château subit des bombardements aériens de la Royal Air Force. Le château a ainsi été libéré de ses occupants, mais sévèrement endommagé une fois de plus.

Après-guerre, des campagnes de restauration permettent au château de retrouver une partie de son charme, malgré des périodes d’entretien plus difficiles.
En 2025, ArianeGroup engage d’importants travaux de réparation de la toiture.

Des ouvertures exceptionnelles pour (re)découvrir le château La Fon

Habituellement fermé en raison du caractère sensible du site, le château ouvrira ses portes au public lors des Journées européennes du patrimoine en 1999. Une opération qui s’est ensuite répétée en 2018, 2023 et 2024.

Ces moments privilégiés ont permis de redécouvrir l’histoire des lieux grâce aux commentaires proposés par l’association le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles. Une centaine de personnes a pu ainsi replonger dans l’histoire du site et du château.

Photographie couleur montrant un château entouré d’arbres, avec un bassin au premier plan reflétant le bâtiment. Un petit groupe de visiteurs se tient sur les marches devant l’entrée, profitant d’une visite en plein air.
À son apogée, le domaine couvrait 144 hectares. Aujourd’hui, un parc verdoyant et un petit étang, refuge pour de nombreux poissons, entourent le château, au grand plaisir de l’association de pêche d’ArianeGroup. ©Ville de Saint-Médard-en-Jalles